Mini jupe : Récit d’un scandale planétaire

Tout commence dans les années vingt. Le corset se fait la malle, les cheveux raccourcissent et les jupes aussi.

Mini jupe : le récit d’un scandale

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Notre histoire commence dans les années vingt. Le corset se fait la malle, les cheveux raccourcissent et les jupes aussi. La femme peut, enfin, respirer et cavaler. C’est le début d’une émancipation de la gambette qui aboutit à la minijupe dans les sixties.

La reine Mary

Selon une légende urbaine, Mary Quant est la première à avoir le ciseau qui la démange. Agacée de ne pouvoir courir après le bus en jupe, elle coupe dans le tas. Une grande première dans l’histoire du vêtement, enfin, la femme est libre de ses mouvements. Pour vendre ses mini, Mary ouvre en 1955, à Londres, le Bazaar, l’une des toutes premières boutiques de prêt-à-porter  anglaise. Les jeunes ont enfin une boutique qui leur est dédiée. Une révolution puisque dans les années 50, l’unique option bon marché pour s’habiller est le grand magasin. Dénicher la perle rare entre le rayon casserole et les détergents relève de l’exploit.
Au Royaume-Uni, certains mannequins comme Twiggy sont indissociables de la mini qui fait scandale. En France, c’est par les chanteuses yéyé comme Françoise Hardy ou Sylvie Vartan qu’elle est popularisée. Complètement phobique du genou, Coco Chanel se transforme même en grenouille de bénitier, qualifiant la mini d’  «indécente et vulgaire ».
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Power to the people !

En 1965, la sœur de la reine Elisabeth, la princesse Margaret elle-même apparaît à la cour en minijupe. Scandale ! La reine est obligée de statuer. Deux pouces au dessus du genou, c’est le minimum légal. Aux Pays-Bas, elle est même interdite pendant quelques mois et le très chic Christian Dior s’y met aussi en rallongeant les ourlets. No way, la nouvelle génération s’insurge contre cette mode bourgeoise conservatrice et la minijupe devient l’étendard de la jeunesse et de la libération des mœurs. La British Society for Preservation of the Miniskirt se mobilise et descend dans la rue. La mini n’est plus une mode, c’est un phénomène de société. Les jeunes prennent le pouvoir en ce début des sixties. Les baby-boomeuses ont de l’argent de poche, savent comment le dépenser et ne veulent plus imiter le look de maman. Désormais, c’est même le contraire qui se produit.
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Autre révolution, les filles s’habillent pour exprimer leur personnalité et non plus pour plaire à l’homme qui va les épouser. En parallèle, le pantalon prend du galon même si ce n’est pas encore gagné. Incroyable mais vrai, en 1968, 54%  des entreprise française interdit le port du pantalon féminin. Par contre, en 69 les jupes sont si courtes qu’on aperçoit parfois la culotte. Hélas cette année est aussi le chant du cygne de la mini car les seventie se profilent à l’horizon. Les robes rallongent et les pattes d’eph prennent le dessus jusqu’aux années 80. En 2000, la microjupe revient en force et les débats d’avant-guerre sont relancés. Journée de la jupes, collectifs, etc. La jupe devient un symbole militant. Il faut dire qu’elle a encore pas mal de batailles à gagner. Par exemple, le 17 septembre 2008, Nasba Buturo, ministre ougandais de l’éthique et de l’intégrité, a proposé  que la minijupe soit prohibée pour sa dangerosité.  Normal, elle distrait les conducteurs et serait la cause de nombreux accidents….
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Pour en savoir plus :

La jupe, soumission ou émancipation, Intervention de Christine Bard, Du grand à moudre, Hervé Gardette, 08/03/2010

Ce que soulève la jupe, Christine Bard, Editions Autrement, 2010, 170 pages

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